Les plateformes sectorielles BioAlps, Micronarc, Alp ICT et CleantechAlps s’efforcent de créer des liens entre les acteurs de l’innovation en Suisse occidentale et de promouvoir leur image à l’étranger. Elles sont soutenues par les cantons et la Confédération.Une PME veut participer au salon Medtech de Stuttgart, la grand-messe du secteur? Trouver une entreprise pouvant l’aider à mettre en place une blockchain?Un sous-traitant maîtrisant la pose de microcouches de matériaux? Figurer dans les bases de données des organisations internationales pour sa solution de traitement de l’eau dans des situations d’urgence?
Dans toutes ces situations, elle peut s’adresser à l’une des quatre plateformes sectorielles de la Conférence des chefs de département de l’économie de Suisse occidentale (CDEP-SO). Cet organisme, qui comprend les six cantons romands ainsi que celui de Berne, a mis sur pied un programme de promotion de l’innovation, comprenant des prestations de coaching (platinn), un organisme permettant de mettre en contact les entreprises et le monde académique (Alliance) ainsi que quatre plateformes sectorielles. Le programme est soutenu par la Confédération dans le cadre de la Nouvelle politique régionale, qui vise à favoriser l’innovation et qui permet d’accorder des subventions à des projets allant en ce sens.
Pourquoi avoir choisi la formule des plateformes sectorielles? «Les cantons de Suisse occidentale se sont rendu compte que leur tissu économique était peu profilé et que les acteurs se parlaient peu entre eux», raconte Margret Collaud, coordinatrice des programmes de la Nouvelle politique régionale auprès de la CDEP-SO. «Ils ont donc cherché un moyen de renforcer la compétitivité et la renommée des entreprises de la région. Quatre clusters ont été identifiés, qui combinent à la fois un nombre élevé d’acteurs, une forte capacité d’innovation, une forte valeur ajoutée et un besoin de visibilité. »
Il s’agit des sciences de la vie, des micro- et nanotechnologies, des technologies de l’information et de la communication et des cleantech. Pour les sciences de la vie, la plateforme BioAlps, créée il y a quelques années dans les milieux académiques, a été intégrée dans le programme. Pour les autres clusters, de nouvelles plateformes ont été lancées: Micronarc (2008), Alp ICT (2008) et CleantechAlps (2010). Chacune d’entre elles perçoit des subventions d’un montant égal (426000 francs en 2017), financées pour moitié par la CDEP-SO et pour moitié par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Elles doivent également trouver au moins 20% de leurs ressources par leurs propres moyens – sponsoring, frais de participation à des salons, etc. La proportion de ces ressources varie d’une plateforme à l’autre, Micronarc détenant la palme avec près de 40%.
Les cantons contribuent au programme selon une clé de répartition fondée essentiellement sur leur PIB et le nombre de leurs habitants. Les prestations, en revanche, doivent être délivrées de manière équilibrée dans chacun d’entre eux.
Pourrait-on imaginer étendre le programme à d’autres secteurs? «La porte n’est pas fermée», répond Margret Collaud. «On pourrait par exemple l’imaginer pour l’agroalimentaire. Il faudrait pour cela que l’on réalise des études d’opportunité ou qu’une demande remonte de l’économie. Pour l’instant, il n’y a pas eu de discussions en ce sens.» Une plateforme agroalimentaire a cependant déjà été créée par Région capitale Suisse, une association qui groupe les cantons de Berne, de Neuchâtel, de Fribourg, de Soleure et du Valais, ainsi que d’autres collectivités publiques de niveau inférieur.
Pierre Cormon
