RECOMMANDE

 

POLICE DES CONSTRUCTIONS

Département de l’aménagement, de l’équipement et du logement

Rue David-Dufour 5

1211 GENEVE 8

 

 

Genève, le 24 juin 2002

 

 

 

Concerne :  Opposition à la requête en approbation LER n° 2913 (FAO-29.05.2002) concernant la Commune de Genève-Plainpalais : aménagement d’un parc public (parc des Chaumettes) à la rue Lombard, rue Sautter, rue Micheli-du-Crest et boulevard de la Cluse

 

 

Madame, Monsieur,

 

Le 29 mai 2002 est parue dans la Feuille d’Avis Officielle du canton de Genève l’enquête publique susmentionnée.

 

Le délai de consultation publique vient à échéance le 28 juin 2002. En conséquence, la présente intervention, déposée avant cette date auprès d’un bureau de poste suisse, est formée dans les délais.

Après examen de ce dossier, le Groupement Transports et Economie (ci-après GTE) fait part des observations suivantes :

1.       Dossier incomplet

Le dossier déposé pour la consultation publique est lacunaire au niveau du descriptif du projet.

A nulle part, il n’apparaît qu’il est projeté expressément de supprimer et de combler le dénivelé de la rue Sautter, qui offre aux riverains une précieuse protection contre les nuisances dues au trafic routier. Pourtant, il s’agit là d’un changement considérable de la configuration des lieux.

Il est de même en ce qui concerne le bilan relatif aux places de stationnement, avec la suppression de plus de 170 places, dont 53 en zone blanche.


A aucun endroit dans le dossier, on ne peut trouver ces informations, qui sont fondamentales pour l’appréciation d’un tel projet.

Aucune étude sérieuse sur les circulations ne figure au dossier, alors que la voirie existante est considérablement transformée, ce qui entraîne par ailleurs, une réorganisation conséquente du trafic routier, en particulier pour la circulation des ambulances, des transports publics et privés.

Qui plus est, aucun plan de charges n’est joint au dossier, auquel il manque également un plan de marquage du carrefour de la rue Sautter avec la rue Lombard, ainsi que des précisions concernant l’aménagement du giratoire projeté au croisement de la rue Sautter et de la rue Jean – Violette.

Enfin, ce dossier est incomplet et ne permet pas au public de prendre conscience des enjeux de ce projet et d’en évaluer les impacts.

2.       Mauvaise politique du stationnement 

Ce projet ignore les difficultés actuelles de stationnement dans le quartier, en particulier pour les habitants et visiteurs, tout en dégradant davantage la situation existante déjà problématique.

Le principe adopté impose des détours inutiles aux riverains et visiteurs à la recherche d’une place de stationnement.

Aucune précision n’est donnée sur la gestion des places de stationnement, et encore moins sur les futures possibilités d’accès.

Nous concluons de ce qui ressort du dossier, que plus de 170 places de stationnement sont vouées à disparaître, dont 53 en zone blanche destinées aux habitants et visiteurs, ce qui n’est pas acceptable, vu la carence actuelle du quartier en matière de stationnement.

3.       Accessibilité restreinte au quartier Cluse-Roseraie 

Le schéma de circulation envisagé tend à restreindre l’accessibilité du quartier, tant pour les riverains que pour les visiteurs, et de ce fait, ne permet pas la liberté du choix du mode de transport, pourtant garantie désormais par l’article 160A de la Constitution Genevoise. Ce projet est de ce fait anticonstitutionnel.

Il est tout à fait possible d’aménager un projet de parc public tout en préservant l’accessibilité au quartier par le haut du boulevard de la Cluse.

 


4.       Destruction et comblement du dénivelé de la rue Sautter

Ce projet prévoit de remblayer un ouvrage qui offre actuellement aux riverains une protection contre les nuisances imputables au trafic routier.

De plus, ce dénivelé a également pour avantage d’éviter des conflits dangereux entre différents flux de circulation et de ce fait d’optimiser la sécurité routière.

Dans cette perspective, il est tout à fait possible d’aménager un projet de parc public tout en conservant le dénivelé existant, c’est-à-dire en maintenant la qualité de vie actuelle des riverains ainsi que la sécurité des usagers.

5.       Accessibilité gravement compromise pour les ambulances

L’accessibilité des ambulances peut être entravée par le trafic automobile dans la mesure où l’on concentre davantage de circulation au droit de l’entrée de l’Hôpital.

Il est possible de prévoir une voirie plus large pour garantir une voie réservée aux ambulances arrivant depuis la rue Lombard, ceci afin d’améliorer leur circulation.

De plus, l’arrêt TPG de la rue Sautter doit être déplacé plus au nord afin d’éviter que des ambulances ne soient bloquées par un bus effectuant un arrêt.

6.       Perturbations de la circulation des TPG

Ce projet a pour conséquence directe une concentration des circulations sur la rue Sautter. La progression des bus sera donc entravée de par la diminution de la fluidité du trafic.

7.       Bilan environnemental

La fermeture au trafic du haut du boulevard de la Cluse impose des transferts de trafic sur d’autres axes et par conséquent un transfert des nuisances. De même, la suppression du dénivelé de la rue Sautter amènera des nuisances aux riverains.

C’est pourquoi, il nous semble fondamental que ce projet fasse l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement conformément à l’OPair et OPB.

 

 

 


8.       Conclusions 

Ce projet, qui en principe est conçu pour agrémenter les lieux, apporte une dégradation de la qualité de vie du quartier.

En effet, on constate que ce projet vise essentiellement à restreindre la mobilité de l’ensemble des usagers, tout en générant davantage de nuisances et en diminuant la sécurité.

Bien des aspects sont négligés dans ce projet, notamment en ce qui concerne l’impact sur l’environnement et sur la sécurité routière.

Ce projet ne respecte pas le Droit constitutionnel, car il viole les articles 160A et 160B de la Constitution genevoise, en portant atteinte au libre choix du mode de transport et à la bonne accessibilité du quartier.

De même, le stationnement n’est plus adapté aux besoins des usagers : de nombreuses places sont supprimées sans aucune compensation.

Au vu de ce qui précède, le GTE s’oppose à ce projet d’aménagement sous sa forme actuelle.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

 

 

M. Roald QUAGLIA                                        M. Olivier BALLISSAT

        Président                                                      Secrétaire