Incompréhensible : Berne "oublie" le bouclement autoroutier genevois !
Bien entendu, le GTE partage la déception et les demandes que la CCIG formule dans son communiqué, ci-dessous du 18 janvier. Toutes les associations membres doivent se remobiliser en faveur de la traversée lacustre. Et vite!
Jean Rémy Roulet
Président
Autoroutes : le Conseil fédéral néglige Genève
(Genève, le 18 janvier 2012). La traversée autoroutière du Lac Léman est la grande absente du message sur l'extension du réseau des routes nationales que le Conseil fédéral a dévoilé le 18 janvier. La CCIG est profondément déçue que le Gouvernement n'ait pas mis le contournement de Genève au même niveau que celui de Morges et, accessoirement, l'autoroute du Glattal. Elle souhaite que les Chambres fédérales réparent cet oubli dans les meilleurs délais. Dans l'arc lémanique, la mobilité est en effet un enjeu indissociable du développement économique de toute la région. Le contournement de Morges et la traversée du lac vont donc de pair.
Dans son message relatif à l'adaptation de l'arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales, le Conseil fédéral demande la reprise de trois projets d'aménagement cantonaux : le tronçon manquant de l'autoroute de l'Oberland zurichois, le contournement du Locle et le contournement de la Chaux-de-Fonds, trois projets qui ne sont pas encore arrivés à maturité, aux dires mêmes du Gouvernement. Le Conseil fédéral propose aussi d'intégrer deux compléments de réseau dans l'arrêté sur le réseau, à savoir l'autoroute du Glattal et le contournement de Morges. Mais pas de mention de la traversée du Lac Léman, alors que ce projet est indispensable pour la région lémanique et pour fluidifier une partie des liaisons internationales de la Suisse.
Le Grand Genève comptera un million d'habitants à l'horizon 2020. Le trafic sur la ceinture autoroutière de Genève explosera dans les 10 à 15 prochaines années, avec une progression attendue de près de 65%. Aujourd'hui déjà, l'autoroute de contournement est saturée tous les jours ; la suppression de ce goulet est d'ailleurs reconnue comme indispensable par Berne. Ce goulet bloque tout le trafic en provenance du canton de Vaud et de la Suisse sur le grand axe Est-Ouest. En outre, ce secteur autoroutier a une vocation internationale. En effet, une bonne partie du trafic routier reliant l'Allemagne au sud de la France et l'Espagne passe par cette autoroute de l'ouest de la Suisse. La dimension internationale de ce tronçon est en plus renforcée par la présence de l'autoroute qui, par le Tunnel du Mont-Blanc, mène sur l'Italie et celle qui va en direction de Lyon et Paris. Le problème des transports dans l'Arc lémanique pénalisera à terme le développement économique de toute la partie occidentale de la Suisse.
Le Gouvernement genevois ayant publié en mars 2011 l'étude demandée par son Grand Conseil, la Confédération aurait très bien pu intégrer cet ouvrage dans le message publié aujourd'hui. Surtout qu'une initiative cantonale en discussion aux Chambres fédérales demande la même chose, soulignant la volonté genevoise de faire enfin avancer un dossier considéré longtemps comme un «serpent de mer».
La Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG) est pour le moins surprise que le Conseil fédéral néglige des régions à forte activité économique au profit de régions périphériques. Elle ne comprend pas, alors que le Conseil fédéral avait fait savoir qu'aucun nouveau projet ne pourrait être inclus dans le message, pourquoi il a accepté d'ajouter le contournement du Locle et le contournement de la Chaux-de-Fonds. Si l'argument pour la construction de ces deux autoroutes de contournement est la grande affluence de frontaliers (environ 9'000 frontaliers dans le canton de Neuchâtel), pourquoi ne vaudrait-il pas pour Genève qui compte 80'000 personnes traversant la frontière chaque jour!
La traversée du lac Léman doit être mise au même niveau que l'autoroute du Glattal et le contournement de Morges. Il est donc indispensable que les Chambres fédérales réparent l'oubli du Gouvernement et intègrent la réalisation du périphérique autoroutier de Genève lors du traitement parlementaire de l'objet. La CCIG compte également sur les Gouvernements genevois et vaudois pour continuer à défendre d'une seule voix le désengorgement routier de l'Arc lémanique.